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Une création en chantier à Maré pour exister

Dans un espace en chantier dédié à la rencontre, l’échange, la formation, la création et la diffusion de l’art, des individus, un collectif se posent la question du vivre ensemble dans le chaos. Des danseurs qui nous disent se transformer à chaque création, travaillent sur l’impasse, mettent à l’épreuve leurs affects, à la recherche d’un nouveau corps, de possibilités de devenir.


Vulnérabilité, sensibilité,…, notre présence pendant cette recherche intime peut être dérangeante. L’idée initiale de la Compagnie repose sur cette question : comment être les 11 ensemble mais avec des contraintes ? Ainsi Lia, la chorégraphe, envisage l’art comme la manière de créer un problème et le proposer aux autres.
Et nous voilà à nous rendre compte au cours de nos rencontres avec l’association d’habitants, le centre de la femme, les étudiants du NIAC (Centre Interdisciplinaire d’Action pour la Citoyenneté), les acteurs sociaux de Redes…que, sans être dit explicitement, le travail artistique de la Compagnie s’inscrit d’une manière profonde et juste dans les problématiques de la « Comunidad ». Et la Compagnie se positionne face à cela par : le refus de la stigmatisation en favorisant l’ouverture et la transmission, en cherchant la possible transformation et l’intéraction permanente.
J’ai été témoin de l’envie commune -et universelle- de faire bouger les choses, de tenter de remédier au « chaos » grâce au collectif mais sans nier ce dont « nous sommes faits ». Le décentrement, l’ouverture au groupe, l’oubli de soi, paraissent nous éloigner de nous-mêmes et abolir certains de nos repères ; en réalité, ces processus nous révèlent à nous-mêmes.
J’ai joué le jeu de l’intéraction avec divers collectifs à Maré, loin de chez moi, j’ai fait le pari de donner à entendre des bouts d’une langue et d’une culture que j’ai tant de mal à m’approprier, que je connais trop peu ou déjà plus…Quelle douloureuse expérience de se sentir seule dépositaire d’une culture parmi un collectif qui n’a aucune connaissance de celle-ci ! Mais quelle joie de parvenir à la partager, même dans les sanglots, devant un public d’enfants, d’adultes attentifs qui vous aident à poursuivre malgré tout et vous donnent la possibilité d’exprimer cette part intime de vous.

Nadia


Comments

  1. Quote
    Degano Maria-Gloria a écrit 3 septembre 2009, 16 h 11 min:

    Nadia,
    voilà un très joli texte qui met en évidence la richesse des rencontres qui se sont faites pendant ces dix jours.
    La rencontre n’est pas un moment éphémère elle laisse des traces profondes dans chacun de nous et c’est ce qui fait toute sa beauté.
    merci à toi.
    merci aussi de nous avoir fait partager un peu ce moment grâce aux belles robes que tu nous a prêtées.
    je ne saurais pas dire cela en kabyle: bises.
    Maria

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