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Les voyageurs – Monique

Je suis donc là, secrétaire du Centre d’Animation Culturelle Jean-Vilar (CAC), et à ce titre pour permettre à Lia de mieux appréhender notre réalité d’association en lien avec la structure, le Théâtre, avec ses professionnels, avec des publics potentiels que sont nos associations respectives. Le CAC, lieu d’échanges, de concertation, élus, publics, équipe professionnelle…


Qui suis-je ? Mais comment se définir ? Professeur de Lettres ? Secrétaire du CAC ? Représentante de l’association pour le développement de la région du Nouga au Mali ? Vitriote ? La résultante de tout cela et d’autres choses.

Eclats de présent, repères sûrement fragmentés. Le théâtre dans ma vie ; le TNP de Vilar à Paris. Le théâtre à Vitry, dans les bâtiments provisoires avec Vitez, dans les anciens cinémas avec Lassalle ou dans notre cité avec « les » Tanguy : Mady et les autres. Un théâtre en banlieue. Les origines du lieu, de l’association elle-même. Le CAC. Le Centre d’Animation Culturelle, lié au Théâtre, dès l’idée de théâtre dans la ville, dès sa création. Gérard Astor : « Energie(s) sur scène » ou comment se tissent des liens entre le Théâtre Jean-Vilar et le monde de la centrale EDF de notre ville, approche nouvelle d’une conception de la culture, du rapport entre production artistique et public. Les relations du théâtre aux structures gouvernementales : absence de subventions, subventions ? Le CAC, son évolution, gestion ou pas, mais bénévolat, engagement ; entre-deux associatif. Ses liens avec les associations adhérentes, leurs liens avec les gens, les publics ? Le sens d’une démarche.
Irruption du temps, Fragments d’histoire et d’Histoire. Vous avez dit trente ans et plus ! « Portrait Dramatique L’Utopie dans le Théâtre Contemporain », œuvre de Kazem Shahryari, commandée à l’occasion des trente ans du Théâtre par le CAC.
Durée. Engagement.
Qu’ajouter ? Politique culturelle ? Lieux de culture et pratiques culturelles ? La diversité dans notre ville est grande.
Le théâtre amateur, le Studio-Théâtre, Gare au Théâtre.
Le spectacle vivant.
La danse. L’inventivité de Michel Caserta, ses créations, ses découvertes, les rencontres qu’il nous a fait partager : Carolyn Carlson, Maguy Marin… En fait la danse contemporaine.
Les arts plastiques…
Le CAC, ses expériences avec les créateurs. Rencontres. Public et publics.
« Aventures artistiques déployées dans le temps et le territoire. »

Comment leur bataille pour l’implantation d’un lieu d’art dans un territoire, le rapport entre un lieu, une nouvelle écriture, en ce sens qu’elle est liée au territoire qu’elle rencontre, et l’arrivée d’un nouveau public participent à l’émancipation des habitants, à l’appropriation de leur lieu de vie, donc de leur vie même.

Faire en sorte que la culture soit partie intégrante de ce qui caractérise l’être humain et non pas une marchandise que l’on peut consommer si on en a les moyens, rentable pour ceux qui la vendent ou un simple divertissement, même si celui-ci trouve toute sa place.
C’est un enjeu de société auquel les élus de notre ville, le CAC, ses professionnels, sont confrontés depuis la création du Théâtre en 1972 : un théâtre en banlieue, dans une ville populaire, où la diffusion de spectacles de qualité, de variétés, de théâtre, de musique ou de danse côtoie la création artistique en lien avec le public, ce qui suppose une rencontre entre ceux qui créent, ce qu’ils créent et les gens qui vivent dans la ville.
Carl rappelle alors les liens créés entre monde du travail, cheminots, électriciens de Vitry et créateurs mais aussi le vécu des gens et créateurs, démarche impulsée notamment par Gérard Astor ce qui a permis de tisser des liens plus étroits entre la structure et les habitants.
De la même façon la gestion originale du théâtre, élus, professionnels et représentants d’associations, le CAC, ainsi que membres du public, contribue à rapprocher le processus de création, le lieu ou les lieux, les créateurs et le public dans la diversité du territoire (même si cette forme de gestion a dû être revue compte tenu de la législation). Les choix politiques ont rencontré, accompagné, parfois de manière incomplète, les aspirations exprimées par le milieu associatif, le public, les créateurs. Ce cheminement se construit à chaque instant.

Nous sommes conscients que la réussite du projet qui lie Redes et Lia, qui lie Maré, Redes, Lia, le Théâtre, le CAC et plus largement Vitry, sa reconnaissance, sont des enjeux là-bas comme ici.

Monique A., 2009


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